Collaborateurs parlementaires : des avancées en cette fin de 14ème législature ?

assemblée nationaleBeaucoup d’articles ont été écrits sur les collaborateurs parlementaires, souvent d’ailleurs pour dénoncer l’absence de statut et la précarité qui caractérisent cette profession.

Un collaborateur parlementaire doit être dans l’ombre et servir au mieux son parlementaire. Il est polyvalent et réactif.

La définition, telle qu’elle figure sur le site de l’Assemblée nationale, en est la suivante : «Le collaborateur joue le rôle que chaque député lui fixe à l’intérieur de l’équipe qu’il a recrutée (…) Certains députés concentrent leur équipe dans leur circonscription, d’autres à Paris, d’autres encore répartissent leurs collaborateurs entre l’Assemblée nationale et la circonscription. En pratique, les deux tiers environ des collaborateurs sont attachés à la circonscription du député tandis qu’un tiers travaille au Palais Bourbon. »

Les tâches confiées sont variables d’une équipe à l’autre et il faut se garder de comparer.

La durée d’un contrat de travail est liée à la réélection de son député-employeur. C’est une évidence qu’il convient toutefois de rappeler ici, à défaut de rester stupéfait.

Les Collaborateurs parlementaires méritent d’être protégés au mieux car la motivation dans l’action  suppose une stabilité. Or, à chaque fin de législature, ce sont eux qui paient les pots cassés.

La défiance envers la politique et ceux qui la font est certes récurrente mais, elle reste motivante pour celles et ceux qui la font et la vivent.

Ainsi, un collaborateur parlementaire peut parfaitement se satisfaire de l’ombre et souhaiter « faire carrière » dans son rôle et s’épanouir durablement.

Parmi les nombreux défis qui se posent depuis la création de ce poste en 1975, figure en bonne place la revalorisation de la profession car le temps presse et il n’est nul besoin d’emmener cette nécessité vers des débats compliqués et des projets irréalisables.

Le moyen idoine d’assurer la pérennité de cette « vocation » reste le statut, le cadre d’emploi, car la précarité peut engendrer des inquiétudes sur l’attractivité de cette profession.

Des négociations importantes sont en cours à l’Assemblée nationale, une association de députés-employeurs a été créée, et cette démarche inédite de discussions en vue de la conclusion d’un accord collectif sur le temps de travail notamment, sont autant de signes encourageants.

Il est cependant nécessaire que l’implication des députés soit au minimum proportionnelle ou tout du moins équivalente à celle de leurs Collaborateurs et que cet accord perdure au-delà de la présente législature.  S’il convient d’éviter les contentieux, il faut aussi que les collaborateurs y trouvent leur intérêt !

« Petites mains », «  chevilles ouvrières », «  collabs », pour nous identifier et j’adhère finalement à ce vocable, plus moderne !  Peu importe le vocable, il faut faire avancer les choses,  bouger les lignes car le temps d’agir ne se déploie pas à l’infini.

Collaborateur parlementaire, c’est certes une vocation, c’est surtout une profession !

Nicolas Thibault

Collaborateur parlementaire

Président de l’Association française des collaborateurs parlementaires

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