Huchet : La professionnalisation, « une opportunité »

Orvault_elus_047Alors que le salon « STAFFs » aura lieu demain, mardi 14 octobre, et après-demain, mercredi 15 octobre, Politic’Arts a rencontré son organisateur, Erwan Huchet. Cet ancien collaborateur d’élu, devenu élu lui-même, dirige l’agence SAVOIRS PUBLICS, spécialisée dans le conseil aux collectivités et la formation des élus locaux. Forte personnalité au parcours original, Erwan Huchet est un véritable « militant » de la professionnalisation du politique, un enjeu qu’il définit comme essentiel pour le bon fonctionnement de notre démocratie.

Erwan Huchet, tout d’abord pourriez-vous nous présenter en quelques mots votre parcours ?

Erwan Huchet (EH) : J’ai débuté ma carrière professionnelle, après une formation initiale en école de commerce, dans le secteur de la presse quotidienne régionale. Trois ans plus tard, en 1997, j’ai l’opportunité d’intégrer un cabinet, en tant que collaborateur, à Saint-Herblain (Loire-Atlantique, 43 000 habs), puis d’en devenir directeur en 1999. En parallèle de mes responsabilités, je me suis très rapidement engagé dans l’association DirCab, dont je suis devenu président en 2000 (poste que j’ai conservé jusqu’en 2008), qui regroupe les collaborateurs de gauche des collectivités territoriales. Après dix années de services en cabinet, je souhaitais donner une nouvelle impulsion à ma carrière professionnelle, c’est alors que j’ai créé une agence-conseil pour les élus locaux et les collectivités territoriales, c’était en 2007.

C’est dans le cadre de ce projet initial que vous avez donc créé STAFFs ?

EH : Effectivement, l’idée de faire émerger un espace dédié aux collaborateurs d’élus m’est apparue comme l’un des prolongements naturels de SAVOIRS PUBLICS. En effet, cette agence a été construite dans une logique d’accompagnement des élus locaux dans la gestion de leur mandat, de sorte qu’ils puissent disposer des outils et des compétences pour pouvoir prendre pleinement en main les destinées de leur collectivités. Moi-même collaborateur d’élu, je mesurais que dans le sillage des élus, leurs collaborateurs pouvaient être demandeurs de lieu d’échange, de réflexion, de formation… C’est ainsi qu’est né STAFFs, en 2009, en collaboration étroite avec les réseaux de collaborateurs d’élus, au-delà des clivages partisans, avec un succès qui ne semble pas se démentir pour cette nouvelle et 4e édition !

Pour beaucoup de collaborateurs d’élus, changer de perspectives professionnelles, comme vous l’avez fait, est source de questionnements. Auriez-vous des conseils à leur donner ?

EH : Je crois que dans toutes les carrières professionnelles, le mot d’ordre est « anticipation ». Et c’est sans doute d’autant plus vrai dans le cadre des métiers politiques, de collaborateurs d’élus, où les carrières peuvent se heurter aux aléas de la vie politique et des alternances. Ainsi, je pense qu’il est important pour tous les collaborateurs d’élus d’être vigilant sur « l’après », qu’il soit tangible ou non. Cela passe nécessairement par la réflexion autour de son projet professionnel, et concrètement par la formation continue pour enrichir ses compétences ou, le cas échéant, pour accéder à de nouveaux univers professionnels.

Alors que vous êtes un expert de la « professionnalisation » du politique, quels en sont, selon vous, les enjeux actuels ?

EH : Sujet à débats, la « professionnalisation » du politique, des activités politiques, des élus et des collaborateurs d’élus, est un phénomène qui semble devoir s’accroître dans les prochaines années : la technicisation de la politique, l’inflation normative en matière de gestion publique, etc. Ces différentes problématiques appellent les élus à développer leurs ressources, leurs compétences et leurs outils pour pouvoir pleinement assumer leurs fonctions. Cela passe nécessairement par une professionnalisation des élus pour faire face à la complexité de leurs tâches, et ne pas se laisser enfermer dans un seul rôle de représentation ou d’enregistrement des décisions. Si certain voit la « professionnalisation » du politique comme un danger pour l’accès aux mandats, j’y vois sans doute davantage une opportunité pour redonner du sens à l’exercice d’un mandat.

Propos recueillis par Politic’Arts 

En savoir plus : 

STAFFs 2014

Savoirs Publics

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