Qu’est ce que la communication politique ?

business conferenceLa communication politique peut se définir simplement comme les stratégies, les techniques et les outils (opérations et supports) de communication mis en œuvre dans le champ politique afin d’accéder au pouvoir ou de conserver le pouvoir. Cette communication politique va poursuivre trois objectifs précis :

  • La valorisation d’idées politiques

Il s’agit là du champ des « valeurs » auxquelles est associé l’élu/candidat. Bien entendu, l’homme politique est le plus souvent assimilé à un parti politique, intrinsèquement porteur de principes qui permettent d’affirmer une grille de lecture du monde, et de la dupliquer à l’échelle locale. Ces « idées politiques » permettent de qualifier des situations et de formuler des accomplissements souhaitables.

  • La valorisation de projets de politiques publiques

Dépassant le registre de l’idée, il convient ensuite de communiquer sur l’action, la prise du politique avec la réalité et sa capacité à anticiper l’avenir. Il s’agit là d’une attente forte des citoyens qui permet aussi de formuler des accomplissements souhaitables, et de sélectionner des éléments de comparaison qui permettent d’identifier et de valoriser le territoire et ses habitants.

  • La promotion de l’homme ou de la femme politique

L’image du « politique » est le troisième axe de développement qui préside à la définition des outils et des pratiques de communication. Il s’agit non seulement de valoriser des idées et des actions de l’élu lui-même, mais surtout une personnalité, et de promouvoir la cohérence entre idées/actions et l’élu sensé les incarner.

La communication politique comme instrument de l’accès au pouvoir

De nos jours, la communication politique est devenue omniprésente, certains auteurs tels que Philippe Breton et Serge Proulx n’hésitant pas à intituler leur livre introduisant à cette discipline : L’explosion de la communication (1989). Liée au développement des nouveaux médias et à l’importance de l’opinion publique en démocratie, la communication politique trouve sa justification sous-jacente dans le fait que les raisons objectives qu’ont les citoyens d’être satisfaits ou non de leurs gouvernants sont moins importantes que les perceptions qu’ils ont de leur vécu.

Le développement de la communication politique pour accéder au pouvoir s’est caractérisé par la généralisation de l’emploi massif d’outils de communication : tracts, affiches, meetings, site Internet, réseaux sociaux. Ce développement est à la fois lié à l’abaissement des coûts de production de ces outils ; mais également à la naissance des « nouveaux médias », qui allient un faible coût de création et d’utilisation, avec une portée particulièrement massive.

Par ailleurs ce sont aussi des techniques et des pratiques particulières de la communication, d’abord employées dans le cadre de la publicité et du marketing commercial, et adaptées au « marché politique » : le marketing politique ou la pratique des sondages et des enquêtes d’opinion, les progrès de la sociologie électorale qui y sont associés ; le concept de « proposition unique de vente » ; le développement du « média-training » ; etc.

Les médias jouent, enfin, un rôle de plus en plus important dans le cadre de la compétition électorale. Les médias de masse classiques tels que la télévision, la radio et la presse quotidienne, disposent d’un rôle prééminent dans la construction de l’opinion. Les chaînes d’information continue ont, par ailleurs, contribué à alimenter la compétition politique, en accélérant le rythme du débat public, tout en permettant à des personnalités de « second rang » d’accéder aux médias.

Enfin, récemment, le développement de l’Internet, et principalement des réseaux sociaux, semble devoir jouer un rôle crucial dans les prochaines années. Si, d’une part les sites et blogs font maintenant partie des « outils » de communication indispensables de chaque candidat, a minima pour disposer d’un visibilité sur le web ; ce sont surtout les réseaux sociaux qui paraissent devoir imposer des changements plus radicaux encore : une proximité plus forte – quoiqu’asymétrique – avec les citoyens ; une accélération accrue du rythme du débat public ; une capacité à toucher des publics cibles particulièrement importants (jeunes, prescripteurs, journalistes, etc.).

La communication politique comme instrument de la conservation du pouvoir

Si la communication politique pour accéder au pouvoir est bien identifiée comme l’ensemble des stratégies et techniques développées dans le cadre de la campagne électorale, la communication politique s’affirme également comme un instrument indispensable de la conservation du pouvoir.

Dans ce cas, la communication politique est employée dans le cadre du mandat de l’élu. Il convient dès lors de se référer aux trois objectifs préalablement mentionnés : valorisation des idées, valorisation des projets et promotion de l’élu lui-même. L’objectif de l’homme ou de la femme politique sera donc de poursuivre ces différents objectifs par le biais des moyens dont il dispose, qu’ils soient liés à l’exercice de son mandat ou non.

Comme dans une campagne électorale, le parti politique demeure un vecteur indispensable de sa communication politique. Mais surtout, la communication qu’il emploiera dans le cadre de ses fonctions d’élus, par le biais des réalisations et la gestion de la collectivité qu’il dirige, constituera la plus-value essentielle de sa communication.

En effet, la communication politique dans le cadre d’un mandat dispose de frontières finalement assez ténues avec la communication de l’institution que l’élu dirige grâce à ce mandat. Ainsi, l’élu aura comme objectif de valoriser non pas « ses capacités à agir » comme c’est le cas dans une campagne électorale, mais de promouvoir son action et, par conséquent, ses résultats.

Pour atteindre cet objectif, l’élu aura à disposition les outils, opérations et supports de communication de la collectivité, qui permettront principalement de valoriser l’action publique menée. L’idée sera alors de valoriser la mise en œuvre de politiques publiques, traduisant des valeurs et des principes, que l’élu doit incarner. C’est la valorisation de la cohérence « idées / actions » avec la personnalité de l’élu qui doit être au cœur de la stratégie de communication politique de « conservation du pouvoir ».

Le recours aux mécanismes de la communication de l’institution publique ne doit cependant pas amener à faire l’impasse complète sur les outils de communication politique non-institutionnels. Ainsi, l’élu d’une collectivité peut prendre la parole dans l’espace public pour partager des points de vue, des idées ou des attentes, même si cela n’a pas directement de lien avec les compétences de la collectivité qu’il dirige. Par exemple, lorsque le gouvernement met en place des réformes dites « sociétales », d’autres élus, locaux par exemple, peuvent formuler un discours sur le sujet – ils sont même, en général, attendu par les citoyens pour s’exprimer.

Aussi, dans le cadre de la conservation du pouvoir, l’élu en mandat ne manquera pas de recourir aux outils de la communication politique qui ne sont pas directement de l’ordre de l’institution publique qu’il dirige. Parmi ces outils, on peut noter par exemple des supports de communication comme des pages « Facebook », des comptes « Twitter », des blogs ou sites internet, des newsletters, des journaux d’information type « compte-rendu de mandat », ou encore mener des opérations telles que l’organisation de « banquets républicains », la création « d’association de soutien de l’élu », la participation à des évènements nationaux avec sa formation politique, etc.

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2 Responses

  1. damien
    damien at |

    Bonjour, article très intéressant. En matière de communication politique, n’hésitez pas aussi à suivre le Cercle des Communicants Francophones (le CCF). Nous disposons notamment d’un site internet https://cercledescommunicants.com/, d’un compte twitter https://twitter.com/leCCF, d’un compte https://www.facebook.com/cercledescommunicants/ et d’un compte Linkedin https://www.linkedin.com/groups/8152024/profile.

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  2. Nzeseni Tsheka Charles-Hervé
    Nzeseni Tsheka Charles-Hervé at |

    C’est la communication qui fait vivre la politique.

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