Elaborer une stratégie de campagne

strategyAlors qu’une année nous sépare des élections municipales, les « états-majors » de campagne se mettent en place, et commencent à définir leurs stratégies de campagne. L’élaboration d’une stratégie de campagne est une étape essentielle de la mise en œuvre d’une campagne électorale, dès lors qu’elle permet de fournir une analyse précise de la circonscription électorale ainsi que des objectifs clairs pour le candidat (et ses colistiers dans le cadre d’une élection municipale).

Dans cet article, nous vous donnons les indications pour élaborer la stratégie de votre élu…

La stratégie de campagne vise à déterminer, sur la base d’une analyse de la circonscription électorale, l’objectif (ou « axe de campagne ») du ou des candidats ainsi que les cibles de la campagne électorale, ces derniers formant les « objectifs opérationnels ». La stratégie de campagne préfigure ainsi l’élaboration du « plan de campagne » qui vise plus spécifiquement à définir les actions et organiser les ressources disponibles (humaines, financières, logistiques, etc.) pour atteindre ces objectifs.

Déterminer l’axe stratégique de la campagne

L’axe stratégique de la campagne s’apparente simplement à l’objectif du candidat. De manière intuitive deux grands axes de campagne permettent d’esquisser la stratégie du candidat : la campagne de gain (qui vise à obtenir le pouvoir) et la campagne de notoriété (qui vise à se faire connaître).

Dans le cadre d’une campagne de gain, deux types d’axes peuvent être identifiés : celui de se maintenir au pouvoir (« gain-maintien ») et celui d’accéder au pouvoir (« gain-conquête »). Ces objectifs sont généralement ceux des formations politiques majoritaires que sont, au niveau national, le PS et l’UMP (au niveau local, ces formations « majoritaires » peuvent toutefois différer de ces deux grands partis nationaux, par exemple le PC plutôt que le PS dans certaines villes de banlieue, ou l’UDI plutôt que l’UMP dans certaines régions françaises, etc.).

Dans le cadre d’une campagne de notoriété – c’est-à-dire où la victoire n’est pas le but recherché (parce que ce n’est pas possible) -, plusieurs types d’objectifs du candidat peuvent apparaître:

– celui de rendre visible une offre politique marginale (« notoriété-visibilité », c’est le cas des candidats des « petits partis ») ;

– celui de réaliser un score significatif en vue d’un accord de 2nd tour (« notoriété-positionnement », c’est souvent le cas des alliés traditionnels de partis « majoritaires » qui, non satisfaits d’une proposition d’accord de 1er tour, anticipent un résultat qui leur permettra d’obtenir davantage de « places » sur la liste) ;

– enfin, celui d’empêcher le favori de l’emporter afin de se placer en vue du scrutin suivant comme le meilleur candidat (« anticipation concurrentielle », il s’agit de candidats/partis politiques concurrents aux candidats/partis politiques majoritaires, qui anticipent leur capacité à se substituer au candidat/parti politique majoritaire dans le cadre des échéances électorales qui suivront).

Réaliser une analyse de la circonscription et déterminer les cibles de campagne

Ces axes de campagne ne sont généralement pas très difficiles à déterminer, et s’imposent assez naturellement. Ainsi, la stratégie de campagne va permettre de donner en fait du « sens » à l’objectif du candidat, en identifiant des objectifs opérationnels ou des « cibles » électorales, s’appuyant sur une analyse de la circonscription.

Cette analyse de circonscription doit prendre plusieurs formes :

– l’analyse socio-économique (qui, s’appuyant sur des indicateurs formels, va permettre de déterminer l’état sociologique et économique de l’électorat) ;

– l’analyse politique (qui se concentre sur les résultats électoraux des derniers scrutins et doit permettre de faire l’état des lieux des rapports de force politiques locaux) ;

– l’étude d’opinion (cette analyse doit permettre de déterminer les besoins/attentes des citoyens, et participe particulièrement à la définition du « programme électoral ») ;

– la définition des ressources de campagne (qui permet de déterminer les moyens disponibles pour faire campagne, les contraintes juridiques et financières, etc.).

Ainsi, l’adéquation de l’objectif du candidat avec l’analyse de circonscription, va permettre d’identifier les cibles électorales, qui correspondent aux types d’électeurs à qui adresser les messages de campagne. Les cibles de la campagne peuvent faire l’objet d’une segmentation, afin d’être le plus efficace possible, en trois dimensions : la 1ère consiste à segmenter l’électorat en identifiant les relais d’opinions, la 2nde consiste à segmenter l’électorat en fonction des données sociologiques (jeunes, chômeurs, retraités, actifs, familles monoparentales, etc.), la 3e consiste à segmenter l’électorat par comportements électoraux (en fonction de l’affinité ou de l’opposition au candidat donné).

Une fois ce travail initial mené, il convient ensuite de décliner les différentes actions à mettre en œuvre pour atteindre ces objectifs opérationnels, en fonction des ressources disponibles, dans un agenda donné… c’est le « plan de campagne ».

 

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